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C’est par un temps gris de novembre, sur le coin d’une table de cuisine d’un 4 1/2 d’Hochelaga. Les premières phrases de Georges Ouel trouvent leur place sur quelques accords de guitare grattés sans prétention. Cette intimité des débuts se transposent dans la musique et on croit entendre le grincement d’une aiguille poussiéreuse sur un tourne-disque. Le parolier nous offre une interprétation lyrique de ses textes, teintées de valses harmonieuses et d'accents manouches et on est transporté dans un univers de classiques de la chanson française. Phil Ouellet, le musicien derrière Georges Ouel, traine un imposant bagage dans le domaine de la musique; membre fondateur de la Coop Coup d’Griffe, organisateur du Festival du Folk Sale et du Festival Organigramme, chanteur du groupe Chahut d’ruelle, tromboniste au sein de la formation Tintamare... et c'est à l’hiver 2015 que les premiers enregistrements de Georges Ouel voient le jour, composés et arrangés avec ses co-routiers, Gabriel Séguin à la contrebasse, Félix de l’Étoile à la clarinette et Félix Thonon à la guitare électrique. Le premier disque EP sera lancé en février 2016.




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Photos de ZFauvel



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PSYCHÉ EN OBSOLESCENCE

Dans l'air du temps
je l'ai tant
tant dans l'cul
tant dans l'vide
que j'me casse la gueule
gueule de bois
et les bo-bo, beau bourgeois
joie de vivre
ivre mort
mort de chien
chienne de vie
j'ai oublié mon parapluie

il pleut des étaux
dans les états coloniaux
mondialo, aristo, écolo
équitable mon cul
tant dans l'vide
sort la carabine
tire la canette
et rêvons ensemble que saute l'internet

Des paroles, des paroles et bien des paraboles
l'outil face à l'ennui, efficace défequasse
je connecte l'ami à tous mes amis et l'ennui
solitaire stigmataire, c'est le désert

Dans l'air du temps
je l'ai tant
tant dans l'cul
tant dans l'vide
que j'me casse la gueule
gueule de bois
et les bo-bo, beau bourgeois
joie de vivre
ivre mort
mort de chien
chienne de vie
j'ai oublié mon parapluie

inconséquente démence, je déni
je déménage en Zizanie
Je rêve qu'elle saute, qu'elle explose
mais que ferais-je sans elle?
mais que ferions-nous sans elle?

Dans l'air du temps
je l'ai tant
tant dans l'cul
tant dans l'vide
que j'me casse la gueule
gueule de bois
et les bo-bo, beau bourgeois
joie de vivre
ivre mort
mort de chien
chienne de vie
j'ai oublié mon parapluie
masturbe-moi les idées, crosse-moi le sens, la turbulence
il fait si beau au pays de la Zizanie
immortalise moi l'âme en anagramme
binôme de l'inconscience
j'ai le psyché en obsolescence

Dans l'air du temps
je reviendrai, nous reviendrons
mais nous l'avons tant
tant dans l'cul
tant dans l'vide
tant dans la cocaïne
fructifie le cartel
il est important de bien porter la jartelle
car dans l'air du temps
nous l'avons tant
tant dans l'cul
tant dans l'vide

 

LES TOMATES DE LA HONTE

Y'a d'la saveur qui décole 
Au palais des écorchés 
La tête en coeur, crise l'identité 
Fallait pas jouer les guignoles 
Si vous vouliez vraiment la liberté 

Creuse la tombe 
Les marteaux tombent en trombe 
Il ne peut faire toujours beau 
Au pays des nigauds 
L'innocence est belle 
Si on sacre les mots 
Mais y'a la fierté qui tombe 
Quand volent les tomates de la honte 

Dépasses les bornes et file les allures 
Du mur des idées et des ismes 
Attends pied ferme 
Quand la raison et l'égoïsme 
Font débat d'oeillères et d'oreillette 
Généralement, c'est l'innocence d'être con 
Qui gagne a défaut d'être bon 
Mais qui frappera le plus fort, pour assiéger son confort? 

Quand la non-chalance frise l'insolence 
Ça met la puritainerie dans l'ambivalence 
Y'a comme une envie de violence 
Chez les mal aimés 
Chantons en choeur pour les écorchers 
Le respect se doit d'être égal à la liberté 
Car l'habit de fait pas le curé 
Qui gagnera la partie de dés au nom de l'impunité?

 

POUSSIÈRE DE MOUSTACHE

J'ai de la poussière dans la moustache 
Des poules sans tête et la basse-cour s'acclame 
Fouettes comme tu peux le troupeau de vache 
Le sentier se grave même si t'en arrache 

Tourner les pages pour répondre à la question du bonheur 
Jésus prose les rimes et porte un suit de cuir 
Satan envoi une fleur entre les lignes 
À Marie qui fume du crack et tente de séduire 

Des hypothèses à dos de lama 
Donner son mieux à le veut 
Lâche la clutch fais c'que tu peux 
J'ai l'humeur fâché jaune orange 
Neige la grogne et tout ton p'tit change 

Sans rancune si je chante en majuscule 

Si t'as d'la poussière dans la moustache 
Dis toi qu'la vie à ses moments pis ses sacraments 
Fouettes comme tu peux le troupeau de vache 
Le sentier se grave même si t'en arrache 

Il ne faut pas que s'arrête l'orgue 
Grattes la vie jusqu'à ce qu'on te déplogue 

Des rats et la roue qui tourne 
Fais ton chemin 
Fais mine de rien 
et pètes pas la baloune

 

FLATULENCE POUR CONCUPISCENCE

Somnole la page blanche pour assouvir les besoins primaires 
Oeuvrer le vide pour combler la paresse 
Parles-toi su'l troisième pour faire sérieux 

Dors, dors, dors 
Puisqu'il se fait tard 
Dans l'nord y'a un cadeau noir qui shine l'or 
Y serait beau pour gazer nos char 
Et s'gazer la vie jusqu'au dernier répis 

Intégrer l'intégrité pour faire parler de soi
Fredonnes-toi l'air sans cesse 
et siffle la tourmente 
Pour ne pas perdre la cadence 
Pour ne pas perdre la cadence 

Bouge-toi les fesses 
Avant de briser la promesse 
De mener bonne vie avec ta chérie 
À force d'exagérer la persistance 
Tu t'enfarges dans l'impotence 
Et tu te dis, est-ce bien ça la richesse? 
Mais qu'est-ce que la richesse? 

Dors, dors, dors 
Puisqu'il se fait tard 
Dans l'nord y'a un cadeau noir qui shine l'or 
Y serait beau pour gazer nos chars 
Et s'gazer la vie jusqu'au dernier répis 

Et si je te téléphone au moment où tu abandonnes 
Il fait bon de t'entendre choisit 
Baisser les bras n'est pas un échec 
À moins de ne pas le boire cul-sec 

Miser dans les coins de l'ABC du fantasme 
Malheureusement la raison ne donne pas l'orgasme 
J'aurais voulu mettre du gaz dans la pompe à passion 
Pardonnes moi si j'ai peur de l'embryon 

Dors, dors, dors 
Puisqu'il se fait tard 
Dans l'nord y'a un cadeau noir qui shine l'or 
Y serait beau pour gazer nos char 
Et s'gazer la vie jusqu'au dernier répis

 

NOVEMBRE

C'est d'un profond malaise 
Je me confis à vous je n'suis pas très a l'aise
Pourquoi faut-il qu'à chaque couché du soleil 
Le froid nous prend et on en tombe de nos chaises 
Voilà qu'elle nous frappe cette dépression généralisée 

Novembre est un tombeau qui retient ferme le chaos 
Ma tête ne supporté tout le bordel de ces échos 
Dehors m'appel mais je n'peux sortir le dédain me retient 
Il pleut, mes chaussettes sont troués d'un usage forcené 
Je me tue à chanter la balade des occupations 
Je plonge au fond du baril pour un brin d'honneur 
Tenir face à la vie sans passer pour un flaneur 
mais il faut de l'argent pour avoir la bonne réputation 

Sans rancune 
Je me range du côté de la lune 
Ferme les yeux 
Laisse passer l'interlude 
C'est source de conflit lorsqu'on cherche la fortune 

C'est encore une de ces chansons 
Où l'on vous parle des dépressions 
Parle-moi d'amour et d'un verre de bourbon 
Le gris de l'hiver est si nauséabond 

C'est la même cassette d'année en année 
J'ai la dépresse saisonnière qui me pend au bout du nez

 

 

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Contact : philouellet ( @ ) coupdgriffe . org